Nightwish: leur nouvel album et mon avis! (2/2)

Publié le par Nimedhel

Me revoici avec la deuxième partie de mon article sur Nightwish. Je vous parlais précédemment de leur histoire, aussi brièvement qu'il m'a été possible de le faire, mais en donnant quand même quelques petits avis et informations qui me semblaient intéressantes (mais bon, n'ayant pas l'esprit de synthèse, il est quand même vachement long, haha). Bon, alors, entrons dans le vif du sujet!

L'inspiration/l'origine de l'album

Tout d'abord, comme je l'ai dit, l'album Endless Forms Most Beautiful est tiré d'une citation de Darwin dans son fameux livre The Origin of Species et qui est la suivante:

“There is grandeur in this view of life, with its several powers, having been originally breathed into a few forms or into one; and that, whilst this planet has gone cycling on according to the fixed law of gravity, from so simple a beginning endless forms most beautiful and most wonderful have been, and are being, evolved.”

Je ne vais pas m'amuser à traduire, parce qu'il est tard et que j'ai la flemme, mais l'idée est que la nature se réinvente sans cesse et que c'est là sa beauté (en très gros, hein, c'est plus profond que ça). Donc, Nightwish a décidé de faire un album autour de cette citation et de l'idée générale de l'évolution. Bien sûr, toutes les chansons ne parlent pas d'évolution dans le sens scientifique ou darwinien, mais aussi dans un sens plus psychologique ou philosophique.

Mais ce qui découle vraiment de l'album, dans les paroles, c'est la Vie, sa beauté, son côté merveilleux, presque magique. On a à la fois une critique des religions qui condamnent à peu près tout et n'importe quoi et qui se perd dans une sorte de divinité de l'homme (alors que nous restons des animaux et devrions rester humble devant le pouvoir de la nature... enfin, c'est comme ça que j'ai compris la chanson) dans Weak Fantasy, seule chanson qu'on peut vraiment considérer comme politique (contrairement à des groupes comme Epica qui sont vraiment très critiques sur notre société dans leurs paroles), mais aussi un hommage merveilleux à tous les parents avec Our Decades in the Sun, chanson qui, apparemment, a fait pleurer les membres du groupe pendant les répétitions du fait de l'émotion. Il y a bien évidemment aussi des éléments qui parlent de l'évolution en tant que telle, comme les références aux mers dévoniennes dans The Greatest Show on Earth, ou le Tiktaalik dans Endless Forms Most Beautiful, ou encore la présence de la narration faite par Richard Dawkins, un scientifique de l'évolution.

Petit guide des chansons

Au niveau de la musique en elle-même, on retrouve bien là Nightwish et son style personnel. Pour ce commentaire que j'espèce bref de chaque chanson, je ne vais pas spécialement faire attention à leur place dans l'album, mais je vais les rassembler selon leur proximité.

Parlons déjà des chansons qui sont proches d'autres qui ont déjà été faites par le groupe. Elan fait penser à Amaranth, tandis que My Walden est, selon Tuomas, une continuation de I Want my Tears Back, avec la présence plus prégnante d'une influence celtique et de la flûte de Troy qui joue un rôle important, mais surtout l'intro où Troy chante en gaélique (ou un truc du style). Edemah Ruh, quant à elle, fait penser à Nemo, qui est aussi le premier single de Nightwish qui a largement été connu dans le monde (et aussi le premier que j'ai entendu du groupe!). Endless Forms Most Beautiful, même si elle ne rappelle pas directement de chansons précédentes du groupe, selon moi, reste tout de même dans cette optique de continuation du son qui avait été créé pour l'album précédent, Imaginaerum. La première chanson, Shudder Before the Beautiful, s'ouvre avec une citation de Dawkins sur la beauté du monde qui nous entoure, puis on entre dans la musique, qui rappelle à Tuomas Oceanborn. C'est un excellent début pour l'album, c'est catchy, c'est beau, c'est orchestral et grandiose, comme Nightwish sait si bien le faire.

Cependant, on a aussi des chansons qui sont plus lourdes et heavy, comme Weak Fantasy ou Yours Is an Empty Hope, le refrain de cette dernière composée de la voix de Marco et de growls de Floor. Ce côté plus heavy peut à la fois être attribué à la présence de Queen Floor, mais aussi à la tendance générale des groupes de metal symphonique à rendre leur musique plus agressive et heavy (comme c'est le cas par exemple d'Epica avec The Quantum Enigma, sorti en 2014 et étant mon album préféré du groupe... ou tout court, en fait).

Bien sûr, nous avons aussi une ballade, Our Decades in the Sun, une chanson magnifique à la gloire des parents, très touchante et très douce. D'un autre côté, nous avons aussi la présence d'Alpenglow, qui, je trouve est assez originale sur le plan musical. Ca reste du Nightwish, mais quelque chose dans cette chanson est très unique tout en restant familier. Si vous voyez de quoi je parle, dites-le moi, haha! J'ai l'impression de dire n'importe quoi. Bref! Retournons à nos moutons.

Puis, après tout ça, commence le superbe morceau The Eyes of Sharbat Gula, une chanson composée par Tuomas quelques années plus tôt après qu'il ait vu un article de National Geographic sur Sharbat Gula (pour ceux pour qui le nom ne dit rien, vous avez vu la photo de cette adolescente aux yeux magnifiques qui était à la fois forte et craintive, c'est une image puissante qui résonne encore dans notre monde actuel). Ce morceau était destiné à contenir des paroles, mais ça n'allait pas, alors Troy a conseillé à Tuomas de simplement mettre le chant d'un choeur d'enfants. Le résultat: une chanson d'intermission puissante, qui rappelle un peu Beethoven au début, et qui donne des frissons à chaque fois qu'on l'écoute.

Enfin, la dernière chanson. Wow. Que dire? L'album est une histoire qui se déroule pendant notre écoute, c'est sûr, mais The Greatest Show on Earth est une histoire de l'humanité, de la vie, de tout. C'est un chef-d'oeuvre, la meilleure chanson que Tuomas ait composée, à mon humble avis (et selon beaucoup de critiques vues sur le net). C'est grandiose, c'est calme, c'est doux, c'est pensif, c'est puissant. C'est la Vie, avec un grand V. Le miracle de la vie sur notre petite poussière dans un vaste univers. Le début (Four Point Six), éthéré, donne un côté grandiose qui nous met directement dans l'ambiance, dans une sorte de méditation, puis les tambours, puis de nouveau ce côté angélique, renforcé par la voix lyrique de Floor. Ensuite, on a une courte narration de Dawkins, suivie d'une autre partie instrumentale qui nous fait voyager et puis, hop!, soudain, nos oreilles se font assaillir par les percussions et les guitares. Nous sommes dans la deuxième partie de la chanson (Life), consacrée à la vie et sa place dans l'univers (nous sommes l'univers, comme le dit si bien Floor). C'est catchy, c'est intéressant, c'est cool. Puis, bang! quand sonne la fin du dernier verset de cette partie, on est confronté à des cris d'animaux. C'est original, et ça rentre bien dans le thème de la chanson, l'histoire de la vie. La troisième partie, The Toolmaker, parle, bien évidemment, de la croissance de l'humain en tant qu'espèce 'intelligente', avec la voix de Marco sur fond un peu électro, un peu metal, un peu classique, puis se joint la voix de Floor qui se fait agressive. On parle de destruction, de désir de l'homme de contrôler le monde... La musique va décidément bien avec l'ambiance. Ensuite, encore une coupure, mais cette fois-ci avec des sons faits par les humains: de la musique "classique", avec en fond des voix humaines, et puis un bout électro suivi du refrain. Rien que cette partie de la chanson est excellente, magnifique, wow! Et enfin, la partie la plus excellente de cette partie: We were here! J'ai regardé quelques concerts et, chaque fois, le public chantait cette partie à tue-tête. C'est vraiment le point focal de cette partie de la chanson.

La fin de The Toolmaker annonce aussi la fin des parties chantées. On a The Understanding, très calme avec son piano et sa flûte. C'est une partie mélancolique, belle, pleine de sensibilité, dont la mélodie rappelle l'album dans son entièreté. Puis, Le retour des percussions, mais ça reste doux. C'est Sea-Worn Driftwood, la dernière partie de la chanson, où Dawkins termine l'album avec une narration de son propre ouvrage, une pause instrumentale, grande, merveilleuse, suivie de la citation que je vous ai mise de Darwin, et enfin, la musique s'arrête, mais ce n'est pas la fin de la chanson. Le bruit des vagues, puis d"animaux marins, comme des baleines, qui concluent à merveille cette histoire de notre monde, dans le berceau de la vie.

Mon avis

Bon, parlons maintenant de mon avis sur l'album. Quand j'ai entendu Elan la première fois, je n'ai pas été impressionnée du tout, même si les paroles étaient sympathiques, et je craignais que l'album ne me déçoive. Puis, il est sorti, et j'ai écouté toutes les chansons les unes à la suite de l'autre. Certaines me plaisaient, d'autres moins.

Commençons par mes favorites à la première écoute. Shudder before the Beautiful, comme je l'ai dit, commence magistralement l'album, c'est vraiment une chanson que j'adore écouter encore et encore, tellement elle est bonne. Ensuite, Yours is an empty hope. Oh. My. God. Je l'aime d'amour fou. Les growls de Floor s'entendent difficilement du fait de leur profondeur et de la voix de Marco au-dessus, mais c'est puissant! J'adore aussi Our Decades in the Sun, qui est douce, belle, et très émouvante. Elle montre la douceur de la voix de Floor, qu'on n'a que très peu entendue jusqu'à cet album, je dois bien l'avouer. Puis, The Eyes of Sharbat Gula, quelle merveille inattendue! C'est beau, c'est fort, on sent ses poils se hérisser... Ah, et puis, enfin, The Greatest Show on Earth. My god! C'est un chef-d'oeuvre, vraiment. Je ne m'en remets pas.

Ensuite, après plusieurs écoutes, on a My Walden qui a commencé à s'infiltrer dans mon petit coeur. La voix de Troy, le solo à la fin avec la guitare et la flûte... Merveilleux!

Par contre, je n'accroche pas à Weak Fantasy, Endless Forms Most Beautiful et Elan. J'ai essayé, mais je les trouve blah. Il manque quelque chose. Elles sont jolies, mais sans plus.

Enfin, on a Edemah Ruh et Alpenglow. Edemah Ruh, aux 3 premières écoutes, m'avait bien plue, mais, au final, je trouve qu'elle se perd dans la masse, elle n'est pas unique, mais je comprends pourquoi Tuomas voulait que ce soit le premier single. Après tout, elle est directement accessible. Alpenglow, elle, est cool, vraiment, je l'aime beaucoup, mais j'ai moins tendance à l'écouter que les autres. Elle me parle moins, bizarrement.

Alors, mon avis sur l'ensemble de l'album? Moins bien que ce à quoi je m'attendais, en fait, si ce ne sont les deux dernières chansons qui ont blown my socks off, comme qui dirait, mais je suis aussi déçue de l'absence quasi totale de la voix lyrique de Floor. On aurait pu croire qu'ils l'utiliseraient, mais apparemment, ça n'allait pas dans les chansons, selon plusieurs interviews. Mais bon, je suis quand même contente de l'avoir, mon petit album! Il est chouette, même si, après The Quantum Enigma d'Epica, ça paraît bien bof. Il faut dire aussi que ce dernier était vraiment génial. Je l'ai écouté tous les jours pendant environ 6 mois avant de commencer à me lasser de certaines chansons! Moi qui met un mois en général pour être lassée, haha! Mais c'est vrai que TQE est d'une qualité tout à fait extraordinaire, et il ne sert à rien de comparer deux groupes qui sont peut-être dans le même genre, mais pas du tout dans le même style de musique, bien que la tentation soit forte!

Au final, est-ce que je vous conseillerais d'acheter EFMB? Ma foi, pourquoi pas? Mais je vous conseille quand même d'écouter l'album une fois sur le Youtoubz avant de vous décider! Ca ne vous fera pas de mal.

Les droits de cette image reviennent à Nuclear Blast et Nightwish

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