La possibilité de la vie dans le système solaire

Publié le par Nimedhel

Depuis 2009, Kepler est à la recherche de planètes ressemblant à la terre dans notre galaxie. Pourtant, pourquoi chercher si loin? Après tout, rien que dans notre système solaire, nous avons des centaines de corps célestes - de mondes, comme les appellent les astronomes - qui pourraient abriter la vie. Certains organismes pourraient d'ailleurs être bien plus extraterrestre qu'on ne le pense! Faisons donc un petit tour d'horizon de ces mondes.

Vénus
Vénus

Vénus

Il ne s'agit pas la planète la plus accueillante du système solaire. En effet, la jumelle de la terre possède des conditions très difficiles sur sa surface, ce qui rend son exploration très difficile, d’autant que la température est extrêmement élevée, pouvant atteindre 450°C. Cela est principalement dû à l’action des gaz à effet de serre. D’autant que ça ne doit pas être facile de se déplacer à la surface (même en supportant la température extrême), l’atmosphère étant extrêmement épaisse. On peut aussi noter que, contrairement à la plupart des objets du système solaire, la rotation de Vénus est rétrograde, peut-être à cause d’un impact gigantesque qui a touché la planète ?

Tout ça n’empêche cependant pas la possibilité d’une forme de vie dans l’atmosphère de Vénus, ce que les scientifiques s’accordent à dire n’est pas impossible. Certains ont proposé que la vie sur Vénus se rapprocherait des bactéries qui se retrouvent dans les nuages sur terre. Les microbes dans l’atmosphère épaisse de la planète pourraient être protégés des radiations solaires par le sulfure présent dans celle-ci.

L’analyse des données recueillies par les missions Venera, Pioneer et Magellan ont d’ailleurs trouvé du sulfure d’hydrogène (H2S) et du dioxide de soufre (SO2) dans l’atmosphère, ainsi que de l’oxysulfure de carbone (OCS). Les deux premiers gaz réagissent entre eux, ce qui implique que quelque chose doit les produire. Même si l’OCS est difficile à produire de manière inorganique, il est lui aussi présent dans l’atmosphère vénusienne. Ajoutons d’ailleurs que l’une de premières sondes Venera a détecté une grande quantité de chlore toxique juste en-dessous de la couche nuageuse.

Enfin, des exobiologistes ont proposé que les microbes de ce niveau pourraient absorber la lumière ultraviolette du soleil comme source d’énergie, ce qui expliquerait les zones sombres sur les images UV de la planète.

Bien sûr, tout ceci n’est qu’hypothèse, et il faut encore attendre que les agences spatiales se décident d’envoyer des sondes pour explorer un peu plus en profondeur l’atmosphère de la planète.

Europe et sa surface glacée
Europe et sa surface glacée

Europe

Cette lune de Jupiter pourrait elle aussi abriter la vie, grâce à l'action de la planète géante et d'une autre lune, Io. Europe est la sixième plus grosse lune du système solaire, et l’une des lunes découvertes par Galilée, avec Ganymède, Io et Callisto. Sa surface, comme on le voit clairement, est recouverte de glace et striée de crevasses, qui fait penser aux planétologues que la surface se comporte comme un iceberg géant. Tous sont d’ailleurs convaincus de la présence d’eau sous la surface, en lacs géants qui auraient une profondeur de quelques kilomètres.

La présence d’eau liquide sous la surface est rendue possible par l’action de la gravité de Jupiter et d’Io, qui ont donc une action de marée sur la lune. Cela réchaufferait le noyau qui, ainsi, réchaufferait l’eau qui se trouve en profondeur.

Les scientifiques de la NASA sont très intéressés par l’exploration d’Europe et réfléchissent à des moyens de percer la couche immense de glace et explorer les profondeurs du satellite de la plus grosse planète du système solaire.

Pour aller plus loin: Les lacs géants d'Europe

La possibilité de la vie dans le système solaire La possibilité de la vie dans le système solaire
Source: NASA/JPL
Source: NASA/JPL

Encelade

Passons maintenant à Saturne! La planète géante a elle aussi quelques satellites dignes d'intérêt. Encelade est une petite lune, dix fois plus petite que le plus gros satellite de la planète, Titan, et, pourtant, elle attise beaucoup la curiosité des scientifiques. Eh oui, la petite lune, recouverte de glace, abrite un océan gigantesque sous sa surface, d’une dizaine de kilomètres de profondeur. Nous le savons parce qu’Encelade éjecte de l’eau dans l’espace à partir de geysers immenses, ce qui témoigne d’une activité hydrothermale. D’ailleurs, on peut remarquer que la vie sur terre aurait commencé dans des sources hydrothermales (fumeurs blancs).

Il semble que la lune rejette aussi du méthane, mais, surtout de l’eau salée, selon les données récupérées par Cassini. Comme pour Europe, la présence d’eau liquide est rendue possible par la force de marée qu’exerce Saturne.

Plus nous en savons plus sur cette lune, et plus il semble qu’elle soit propice à l’apparition de la vie.

Surface de Titan par imagerie radar (source: NASA)
Surface de Titan par imagerie radar (source: NASA)

Titan

Parlons maintenant du plus grand satellite de Saturne. Titan est un monde froid, mais pas mort. La lune possède une atmosphère épaisse, orangée, qui nous empêche de voir la surface directement.

Bien sûr, si la vie peut se développer sur Titan, elle serait très différente de ce qu’on connaît, d’une part à cause de l’environnement extrêmement froid (-180°C), mais aussi du fait de la faible présence d’oxygène et de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Grâce à l’imagerie radar, on a aussi découvert de grands lacs d’hydrocarbure, et, selon les scientifiques, ceux-ci, présents dans l’atmosphère, peuvent aussi pleuvoir. Mais ce n’est pas de la pluie comme on la connaît ici, parce que les gouttes sont plus grosses et descendent doucement du ciel, sur Titan.

Mais, à quoi ressemblerait la vie, alors ? Et de quoi se nourrirait-elle ? Selon les exobiologistes, la vie serait composée d’organismes unicellulaires géants en forme de losange et ceux-ci consommeraient l’hydrogène présent à la surface, ce qu’appuierait certaines données collectées par la sonde Huygens qui a atterri sur la lune en 2005.