Un trou noir géant surpris en train d'avaler une étoile

Publié le par Daffodil

Vue d'artiste de la dislocation d'une étoile par un trou noir

Les astronomes sont témoins pour la première fois de la dislocation d'une étoile par un trou noir géant. Durant des décennies, les scientifiques s'étaient reposés sur des modèles théoriques sur la manière dont une étoile était avalée par un trou noir, mais jamais auparavant ils n'avaient pu constater ce phénomène de leurs propres yeux. Deux études parues dans la revue "Nature" du 24 août démontrent à quel point ce phénomène est exceptionnel, tant pour sa rareté que pour les découvertes et remises en question qu'il implique.

Le satellite Swift a observé la chute d'une étoile de la constellation du Dragon, située à quelque 3,9 milliards d'années-lumières de notre galaxie, dans un trou noir. L'événement a pu être constaté grâce à l'énorme quantité de rayons X qu'il rejetait. Le trou noir qui est en train d'avaler l'étoile à une masse d'environ 8 milliards de fois la masse de notre soleil. C'est l'équivalent du trou noir qui sévit au centre de la Voie lactée.

La plupart des galaxies abritent en leur centre un trou noir qui peut avoir une masse de millions à des milliards d'étoiles tels que notre Soleil.

Vue d'artiste de l'aspiration d'une étoile dans un trou noir

Ces trous noirs supermassifs peuvent emprisonner dans leur champ gravitationnel des étoiles, qui seront lentement détruites par le phénomène de marée. Les étoiles qui s'approchent trop près s'étirent lentement et finissent par se disloquer et être engloutie par le trou noir. Bien évidemment, les débris de l'étoile ne tombent pas directement dans le trou noir, mais spiralent à grande vitesse autour de lui, émettant un puissant rayonnement.

Les scientifiques avaient déjà perçu des émissions résiduelles de ce processus, mais n'en avaient jamais été directement témoins. Davide Lazzati, de l'Université de l'État de Caroline du Sud, déclare dans la revue Nature que les rayons X émis sont 10.000 fois plus lumineux que prédit par la théorie, ce qui ne cesse d'étonner la communauté scientifique.

De plus, le jet de particules projetées se rapproche fort de la vitesse de la lumière, ce qui n'avait pas été prévu par les chercheurs. Ceux-ci estiment néanmoins que la dislocation gravitationnelle d'une étoile "explique naturellement" les propriétés du rayonnement observé.